Sangle de levage : étiquette, couleurs, retrait et vérification annuelle

Textes vérifiés le 25 septembre 2026.

Une sangle de levage, ou élingue textile, se place entre l’appareil et la charge. Pour la réglementation, c’est un accessoire de levage : l’arrêté du 1er mars 2004 vise les équipements « placés entre la machine […] et la charge, tels qu’élingue, palonnier, pince auto-serrante, aimant, ventouse, clé de levage » (art. 2-b), et l’INRS range explicitement le textile parmi les élingues (ED 6339, glossaire). Elle suit donc les règles de la fiche accessoires de levage.

Lire l’étiquette avant d’acheter et avant d’élinguer

Le Code du travail demande que les accessoires soient « choisis et utilisés en fonction des charges à manutentionner, des points de préhension, du dispositif d’accrochage et des conditions atmosphériques et compte tenu du mode et de la configuration d’élingage » (R4323-47). L’étiquette cousue sur la sangle donne les éléments de ce choix.

Selon l’INRS, sa partie visible porte (ED 6178, § 5.1.3) :

  • la charge maximale d’utilisation (CMU), en tonnes ou en kilogrammes, avec la plage d’angle pour les élingues à plusieurs brins ;
  • la matière ;
  • la classe des accessoires (boucles…) ;
  • la longueur nominale en mètres ;
  • le nom ou le symbole du fabricant ;
  • le code de traçabilité ;
  • le numéro de la norme harmonisée ;
  • le marquage CE.

La couleur de l’étiquette indique la matière : vert pour le polyamide, bleu pour le polyester, marron pour le polypropylène (ED 6178). Une élingue à usage unique porte la mention « ne pas réutiliser » ou « non réutilisable » : elle ne se réemploie pas une fois retirée de la charge (ED 6178, § 5.1.5).

La couleur de la sangle et la charge d’un brin

« La couleur de la sangle ou de la gaine est fonction de la charge maximale d’utilisation d’un brin » (ED 6178, figure 16) :

Couleur CMU d’un brin
Violet 1 000 kg
Vert 2 000 kg
Jaune 3 000 kg
Gris 4 000 kg
Rouge 5 000 kg
Marron 6 000 kg
Bleu 8 000 kg
Orange 10 000 kg et plus

La couleur est un repère rapide. La valeur qui compte est celle de l’étiquette, et la charge admissible dépend aussi du mode d’élingage : l’annexe 2 de l’ED 6178 traite de la CMU en fonction du mode d’élingage.

Quand retirer une sangle du service

Le Code du travail est net : les accessoires de levage « sont entreposés de telle sorte qu’ils ne puissent être endommagés ou détériorés. Dès lors qu’ils présentent des défectuosités susceptibles d’entraîner une rupture, ils sont retirés du service » (R4323-49).

Pour une élingue textile, l’INRS recommande de la retirer du service si l’un des signes suivants est observé (ED 6178, § 8.5.3) :

  • une détérioration locale de la sangle, distincte de l’usure générale ;
  • une coupure transversale ou longitudinale, des lisières coupées ou échauffées, des coutures ou des boucles coupées ;
  • une gaine coupée qui laisse voir les fils porteurs ;
  • une attaque chimique : la matière s’affaiblit ou se ramollit, la surface s’écaille ;
  • un dommage dû à la chaleur ou aux frottements : fibres d’aspect satiné, voire fondues, ou « point dur » dans une élingue ronde ;
  • un accessoire d’extrémité déformé ;
  • une étiquette absente.

La liste n’est pas exhaustive, et la notice du fabricant fixe les critères de rebut et la durée de vie. L’INRS signale aussi que les UV fragilisent les élingues textiles « sans que leur aspect soit modifié » : rangement sur râtelier, au propre et au sec, à l’abri du soleil (ED 6178, § 9.3).

Pour garder une trace d’un retrait, la trame registre d’observations s’imprime : la sangle, le défaut constaté, la date.

La vérification tous les douze mois

L’article 24 de l’arrêté du 1er mars 2004 soumet les accessoires de levage « tous les douze mois à une vérification périodique comportant un examen ayant pour objet de vérifier le bon état de conservation de l’accessoire de levage et notamment de déceler toute détérioration, telle que déformation, hernie, étranglement, toron cassé, nombre de fils cassés supérieur à celui admissible, linguet détérioré, ou autre limite d’emploi précisée par la notice d’instructions du fabricant ».

Deux recommandations de l’INRS, qui ne sont pas des textes réglementaires (ED 6178, p. 13) :

  • la périodicité se définit selon la fréquence d’utilisation, l’environnement (température, produits chimiques) et les contraintes mécaniques, « sans toutefois excéder la périodicité annuelle » ;
  • la vérification réglementaire ne remplace ni l’examen de l’élingueur avant chaque utilisation, ni la maintenance prévue par la notice.

Qui vérifie, et où le résultat s’inscrit : voir la fiche accessoires de levage et le registre de sécurité. Pour poser la prochaine échéance, le calculateur applique les douze mois.

Sangle neuve, d’occasion ou réparée

Une sangle neuve dont l’aptitude à l’emploi n’a pas été vérifiée, et toute sangle d’occasion, passent par un examen d’adéquation et une épreuve statique (arrêté, art. 17). Après une réparation, une transformation ou un accident, la remise en service comprend l’examen d’adéquation, l’examen de l’état de conservation et l’épreuve statique (arrêté, art. 18 ; ED 6339, fiche 21). Pour une sangle neuve, l’INRS précise que l’aptitude à l’emploi est « généralement effectuée par le fabricant » (ED 6339, fiche 21).

Sangle de levage ou sangle d’arrimage

Une sangle d’arrimage tient une charge sur un véhicule ; une sangle de levage la suspend à un appareil. Pour l’arrimage, l’OPPBTP indique que « la réglementation ne définit pas de périodicité de vérification pour les chaînes et les sangles d’arrimage », tout en recommandant un examen annuel et un contrôle visuel avant usage. Pour la sangle de levage, accessoire de levage au sens de l’article 2-b de l’arrêté, c’est l’article 24 cité plus haut. Son étiquette porte sa CMU et le numéro de la norme harmonisée (ED 6178).

Ce que ce guide n’établit pas

  • Le contenu des normes NF EN 1492 : elles n’ont pas été lues, seules leurs références citées par l’INRS le sont.
  • Une durée de vie chiffrée : aucune source consultée n’en donne, la notice du fabricant fait foi.
  • La version en vigueur de l’arrêté sur Légifrance : le texte a été lu dans sa reproduction intégrale par l’INRS (ED 6339). Chaque référence se vérifie depuis la page sources.