Manille de levage : types, marquage et vérification annuelle
Textes vérifiés le 7 octobre 2026.
Une manille de levage relie un anneau de levage à l’extrémité d’une élingue, ou le crochet d’un appareil de levage à une élingue. Pour la réglementation, c’est un accessoire de levage : l’arrêté du 1er mars 2004 vise les équipements « placés entre la machine […] et la charge, tels qu’élingue, palonnier, pince auto-serrante, aimant, ventouse, clé de levage » (art. 2-b), liste non exhaustive à laquelle l’INRS rattache explicitement les manilles, qu’il présente comme des « accessoires de liaison » (ED 6178, chapitre 5.2). Elle suit donc les règles de la fiche accessoires de levage.
Manille droite ou manille lyre
Selon l’INRS, les manilles en acier forgé existent sous deux formes : « les manilles droites ; les manilles lyres » (ED 6178, § 5.2.1). Une manille se compose d’un corps terminé par deux œils et d’un axe de section circulaire qui les traverse. L’axe peut être à vis (manille à vis, démontage facile) ou boulonné et goupillé (manille boulonnée goupillée, montage durable).
Le choix entre les deux formes dépend de l’effort à reprendre : une manille droite ne peut reprendre un effort que verticalement, donc seulement pour un élingage à un brin. Pour un élingage multibrin, où la manille reçoit un effort de flexion, l’INRS recommande la manille lyre (ED 6178, § 5.2.1).
Le marquage du corps et de l’axe
La norme européenne harmonisée NF EN 13889 fixe les exigences de sécurité des manilles droites et lyre en grade 60 (ED 6178, annexe des normes). Le corps de la manille porte un marquage qui identifie, selon l’INRS (ED 6178, § 5.2.1) :
- la charge maximale d’utilisation (CMU), en tonnes ;
- la classe ;
- le nom ou le symbole du fabricant ;
- le code de traçabilité ;
- le marquage CE.
L’axe doit porter au moins le code de traçabilité ou la classe. Pour les diamètres supérieurs à 13 mm, son marquage ajoute le code de traçabilité et le symbole du fabricant à l’indication de la classe. Les instructions d’utilisation doivent être fournies avec la manille (ED 6178, § 5.2.1).
Le Code du travail demande que les accessoires de levage soient « choisis et utilisés en fonction des charges à manutentionner, des points de préhension, du dispositif d’accrochage et des conditions atmosphériques et compte tenu du mode et de la configuration d’élingage » (R4323-47) : la CMU et la classe lues sur le corps sont les premières données de ce choix.
Vérifier une manille à l’assemblage et à l’usage
Avant d’assembler une manille, l’INRS fixe des critères précis (ED 6178, § 5.2.2) : le corps et l’axe doivent être « identifiables comme étant de même dimension, de même fabrication et de même type », ni déformés, ni usés, avec des filetages non endommagés. Tous les composants doivent être « exempts d’entailles, d’encoches, de fissures et de corrosion ». L’axe doit être correctement vissé, embase reposant sur l’œil et filet complètement engagé dans l’œil opposé.
À l’usage, une manille doit de préférence être sollicitée suivant son axe longitudinal. Si un angle s’impose, l’INRS renvoie aux recommandations du fabricant, qui peut imposer une décote de la CMU ou interdire cette utilisation (ED 6178, § 5.2.3). Sauf avis contraire du fabricant, l’INRS déconseille l’usage d’une manille en dessous de -20 °C ou au-dessus de 200 °C.
La vérification générale périodique tous les douze mois
L’article 24 de l’arrêté du 1er mars 2004 soumet les accessoires de levage, dont la manille, « tous les douze mois à une vérification périodique comportant un examen ayant pour objet de vérifier le bon état de conservation de l’accessoire de levage […] ou autre limite d’emploi précisée par la notice d’instructions du fabricant ». L’INRS précise que « les critères de rebut des accessoires de levage sont précisés dans les notices d’instructions » (ED 6178, chapitre Vérifications générales périodiques) : il n’existe pas de liste chiffrée de rebut propre à la manille en dehors de celle du fabricant.
Qui vérifie, et où le résultat s’inscrit : voir la fiche accessoires de levage et le registre de sécurité. Pour poser la prochaine échéance, le calculateur applique les douze mois.
Manille neuve, d’occasion ou après réparation
Une manille neuve dont l’aptitude à l’emploi n’a pas été vérifiée, et toute manille d’occasion, passent par un examen d’adéquation et une épreuve statique (arrêté, art. 17). Après un démontage-remontage, une réparation importante, une transformation ou un accident, la remise en service comprend l’examen d’adéquation, l’examen de l’état de conservation et l’épreuve statique (arrêté, art. 18).
Ce que ce guide n’établit pas
- Le contenu intégral de la norme NF EN 13889 : elle n’a pas été lue, seule sa référence citée par l’INRS l’est.
- Une liste chiffrée de critères de rebut pour la manille : aucune source consultée n’en donne, la notice du fabricant fait foi.
- La version en vigueur de l’arrêté sur Légifrance : le texte a été lu sur le site de Légifrance et dans sa reproduction par l’INRS (ED 6178). Chaque référence se vérifie depuis la page sources.
Sources
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, art. 2, 17, 18 et 24 (Légifrance), consulté le 7 octobre 2026.
- Code du travail, art. R4323-47 (choix et marquage des accessoires de levage), consulté le 7 octobre 2026.
- Code du travail, art. R4323-49 (entreposage et retrait du service), consulté le 7 octobre 2026.
- INRS, ED 6178, Accessoires de levage. Mémento de l'élingueur (3e édition, juin 2023), consulté le 7 octobre 2026.